décembre 1991

On ne meurt pas de surdité, on cesse de vivre avec les autres

Il y a en Franche-Comté 500 enfants et adolescents sourds profonds ou sévères qui ont besoin d'une éducation adaptée. Soit en école ordinaire avec une surveillance médicale et psychologique, une rééducation orthophonique, soit en milieu éducatif spécialisé. N'oublions pas qu'il s'agit d'un enfant, que son éducation est avant tout familiale. Une guidance parentale est utile pour aider les parents à assumer convenable-ment leur rôle éducatif.
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Les formes de surdités sont très diverses. Légères, elles se remarquent à peine ; profondes, elles ne permettent pas à l'enfant d'acquérir le langage verbal, de parler. Heureusement, les plus fréquentes concernent l'oreille moyenne, le tympan et les osselets, l'aération de la caisse du tympan. Elles peuvent être soignées médicalement ou chirurgicalement. En Franche-Comté, il y a 6.000 enfants atteints de ce type de surdité. Il y a toujours des otites aiguës, mais les soins appli-qués, les antibiotiques font qu'il n'y a presque plus d'otites chroniques. Par contre, on voit beaucoup plus d'épanchements de sérosités dans la caisse du tympan, qui remplacent l'air et provoquent des diminutions de l'ouïe. Dans ces cas, on place un drain à travers le tympan pour permettre à l'air d'être réintroduit dans la caisse du tympan. Ce n'est pas une thérapeutique, c'est un moyen palliatif pour permettre d'améliorer l'audition. On doit par contre enlever les végétations, ce sont elles qui, lorsqu'elles sont infectées par des rhumes, empêchent la trompe d'Eustache, qui amène l'air de l'arrière-nez à l'oreille, de fonctionner normalement. Parfois, une cure thermale est indiquée. Si la surdité persiste, on peut être amené, temporairement, à faire porter une prothèse auditive, surtout si l'enfant est à un âge scolaire.
Les surdités de perception, de l'oreille interne au niveau du limaçon, atteignent les cellules neuro-sensorielles. Ce sont des séquelles de maladies souvent dues à des virus. La thérapeutique est illusoire. Par contre, il faut tout faire pour prévenir ces surdités. Il faut les reconnaître à la naissance, si elles sont survenues pendant la grossesse (surdités génétiques, rubéole...). Lorsqu'elles sont acquises (méningites, oreillons, produits médicamenteux ototoxiques, accidents...), on doit en faire le diagnostic pouf pallier précocement ses conséquences.
Le degré de la surdité est variable. L'audiogramme, mesure de l'audition, permet de l'apprécier. Pour cela, il faut faire le diagnostic de façon précoce de préférence : avant 3 mois pour la surdité profonde; avant 1 an pour la surdité sévère; avant 2 ans pour la surdité moyenne. En présence d'une surdité installée, il faut éviter les répercussions du handicap, d'autant plus graves que la surdité est apparue précocement et qu'il s'agit d'une surdité de perception profonde ou sévère.

   La mesure de l'audition dans la surdité est un acte médical

Il doit être tonal et vocal. Malgré les campagnes publicitaires, ce n'est pas le rôle de l'audioprothésiste. La décision d'appareillage est prise par le patient sur le conseil éclairé du médecin qui prescrit la prothèse auditive. L'audioprothésiste propose la prothèse auditive la plus efficace après un bilan. Il adapte la prothè-se et suit la personne sourde appareillée. Aucune éducation d'enfant sourd n'est possible sans prothèses adaptées. Le seul appareillage normal de l'enfant est bilatéral, dès que possible avec deux contours d'oreille restituant l'environnement acoustique, l'orientation auditive, la discrimination verbale.
On appareille de façon systématique toutes les surdités de perception de l'enfant, lorsque la surdité est reconnue, quel que soit l'âge, dès les premiers mois. L'enfant déficient auditif doit apprendre à parler, on doit lui permettre d'entendre avec un appareillage adapté.

   Radar sur le monde extérieur

Avec l'oreille, on entend la parole et le langage qui permettent de véhiculer la pensée. Mais l'oreille à d'autres fonctions. L'oreille est l'organe de la vigilance. On ne ferme pas l'oreille. Elle reste en alerte.
L'oreille, radar sur le monde extérieur : l'oreille nous renseigne sur le lieu où est émis un son. Elle nous donne des informations sur les volumes et les distances et l'audition (qui utilise les deux oreilles) est un formidable moyen de connaître l'espace qui nous entoure. De cela, l'enfant sourd est privé.
L'oreille «horloge du temps»: l'écho est un son qui revient vers celui qui l'a émis au bout d'un certain temps ; pour l'oreille, la distance est devenue temps. Il y a, là, encore toute une masse d'informations dont l'enfant sourd est exclu.
En fait, l'oreille est un instrument riche et complexe. De l'espace aux volumes, du temps aux rythmes, les informations qu'elle apporte au cerveau sont nombreuses et variées. Il faut veiller à proposer à l'enfant sourd, privé de nombreux stimuli, un environnement riche, stimulant, indispensable au développement harmonieux de sa personnalité. Il faut beaucoup parler à l'enfant sourd, même s'il semble ne pas entendre, il voit qu'on lui parle et essaie ainsi de communiquer.

Jean-Claude Lafon

On remarque la surdité

a) Dans les premiers mois :
- Absence de réaction aux bruits
- Sommeil trop calme
- Réactions très positives aux vibrations et au toucher.
b) De 3 à 12 mois :
- Sons émis non mélodi-ques
- Pas d'articulation
- Installation d'une communication gestuelle de désignation.
c) De 12 à 24 mois :
- Absence de parole articulée
- Enfant inattentif pour ce qui n'est pas dans son champ visuel
- Emission vocales incontrôlées.
d) De 24 à 36 mois :
- Retard de parole
- Grande difficulté d'articulation
- Troubles du comportement relationne
- Difficultés motrices de situation
e) Dans la surdité acquise
- Régression de l'expression vocale
- Détérioration de la parole articulée
- Modification du comportement, agressivité et frayeurs surtout la nuit. Seul un bilan d'audition effectué par un médecin compétent peut apporter la certitude d'une audition normale ou d'une surdité, et d'en préciser le degré. Un bilan orthophonique indique par ailleurs le niveau de parole et de langage.

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Santé : « À chaque situation, son numéro »


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Le 15 doit être appelé sans hésiter dès lors qu’une situation paraît grave ou urgente : malaise, douleurs thoraciques, difficultés respiratoires, perte de connaissance, accident, symptômes soudains et inquiétants, etc. Chaque appel est traité par des professionnels de santé, assistant de régulation médicale puis médecin régulateur urgentiste, qui évaluent la situation et apportent la réponse la plus adaptée.
Lorsque la situation ne relève pas de l’urgence, il est important de privilégier d'autres circuits :
- contacter son médecin traitant.
- en cas d’indisponibilité, consulter le site sante.fr, qui permet d’identifier les lieux de soins et professionnels disponibles sur le territoire.
- enfin, si vous ne trouverez pas de médecin généraliste, appelez le 116 117, numéro de la permanence des soins, accessible la nuit en semaine de 20 h à 8 h, le samedi de 12 h à 20 h, le dimanche et les jours fériés de 8 h à 20 h. Un médecin régulateur libéral de l’Acoreli prendra en charge votre appel.
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