novembre 2002

Une nouvelle signalétique pour éloigner les jeunes de la violence à l'écran

Recommandés par le CSA, des logos plus lisibles sont associés aux émissions à partir de ce mois de novembre. Au moment où un rapport demandé par le ministère de la Culture préconise la suppression des spectacles violents entre 6 h 30 et 22 h 30.
Dessin Christian Maucler

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D'après une enquête Médiamétrie, la signalétique audiovisuelle mise en place en 1996 rencontrait «un problème de lisibilité» et était «mal mémorisée» par les téléspectateurs. On pourrait aussi gloser sur l'efficacité d'un système simplement incitatif et qui peut autant avoir l'effet inverse d'invitation à la transgression auprès du public jeune.
Toujours est-il qu'une nou-velle signalétique adoptée par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) est apparue sur les écrans de télévision depuis ce mois de novembre. Avec deux évolutions : ces nouveaux logos sont présents plus longtemps à l'écran et surtout, tous les types d'émissions, et plus seulement les oeuvres de fiction, sont concernés. De la sorte, un programme sportif jugé violent peut désormais être affublé de l'un d'eux. Pour plus de lisibilité, ces logos indiquent de façon chiffrée la tranche d'âge des publics à éloigner de l'écran suivant les programmes, avec cinq catégories d'émissions (voir ci-contre). En outre, une mention «déconseillé aux moins de...» voire la mention de l'interdiction aux mineurs décidée par le ministère de la Culture et de la Communica-tion doit apparaître en début de programme.
La protection de l'enfance et de la jeunesse de la violence diffusée à la télévision, est l'une des missions essentielles du CSA. Depuis les années 70 (et l'avatar préalable du fameux carré blanc), plusieurs dispositions particulières ont été prises en ce sens. Par exemple, les chaînes doivent veiller à ne pas diffuser d'émissions pour les jeunes comportant des scènes de nature à heurter leur sensibilité et à passer aux heures de grande écoute des émissions destinées au public familial (directive du CSA du 5 mai 1989). Le CSA a également demandé de ne pas programmer avant 22 h 30 de films interdits aux moins de 16 ans par la commission de contrôle (sauf dérogation liée à l'ancienneté du visa d'exploitation), ni de séquences à caractère érotique ou pouvant inciter à la violence. Mais devant le niveau de représentation des violences à l'écran dans les fictions, le CSA a proposé en 1996 l'adoption d'une signalétique jeunesse visible à l'écran et uniformisée en termes de couleurs et de principes de classification. C'est cette signalétique, utilisée par toutes les chaînes hertziennes en 98, par celles du câble et du satellite en 2000 et par l'ensemble des programmes, magazine compris, en 2001, qui est modifiée aujourd'hui pour son caractère peu compréhensible (des parents interprétaient même certains pictogrammes comme signal de recommandation pour les enfants !).
Précision du CSA sur son site Internet (csa.fr) : «Il ne s'agit pas d'aseptiser le petit écran de toute représentation de violence ou d'érotisme mais de renforcer la vigilance des chaînes et des parents». Reste la difficulté à connaître l'impact et l'utilité d'un système mis en place il y a 15 ans, mais qui n'empêche pas la télévision d'être de plus en plus accusée des dérives violentes de la jeunesse. Soit on se trompe de cible, soit il faut reconnaître que c'est inefficace. Or, d'après le CSA, plusieurs travaux de pédiatres, psychiatres et de psychanalystes témoigneraient de l'impact perturbateur de certains programmes, la violence télévisuelle pouvant provoquer difficultés d'endormissement, stress, anxiété, honte mais aussi «surévaluation de la violence dans la réalité, vision négative de l'avenir, tolérance plus grande à l'égard de comportements agressifs et sexistes». Des conlusions confirmées par le rapport de la mission présidée par la philosophe Blandine Kriegel, rendu la semaine dernière au ministre de la Culture. Selon elle, il existe «un effet net de l'impact de la diffusion de spectacles violents sur le comportment des plus jeunes» et «les effets émotionnels à court terme de l'exposition à la violence sont des réactions de crainte, d'anxiété et de détresse. A long terme, l'exposition fréquente à des scènes de violence contribue à une désensibilisation du spectateur qui s'habitue à la violence».

   Juges et parties

La mise en place du dispositif lui-même peut également prêter à discussion puisque ce sont les chaînes elles-mêmes, par l'intermédiaire de leurs comités de visionnage, qui appliquent la signalétique. En l'occurrence, elles sont juges et parties se retrouvant dans la situation de programmer des émissions pour lesquelles elles cherchent en principe le plus large public tout en étant chargées de le déconseiller à une partie de ce public... Certes, le CSA contrôle la signalétique et peut toujours faire part d'un désaccord (voire sanctionner les manquements graves) mais il est postérieur à la diffusion. «Mais dans l'ensemble, les chaînes jouent le jeu, même s'il se produit parfois des petits décalages» assure-t-on à la do-umentation de l'organisme. Selon les sensibilités de chacun, les appréciations divergentes sont de toutes façons inévitables, mais on peut aussi penser que les chaînes ont tendance à tirer vers le bas : pas besoin d'être un censeur de basse extraction pour estimer que le film «Hannibal» de Ridley Scott n'est pas à mettre devant tous les yeux : or Canal + l'a récemment diffusé en prime time en le déconseillant aux moins de... 12 ans : un film mettant en scène sans trop d'ellipses un sympathique docteur pratiquant en toute sérénité tranchages de gorge, éviscérations, scalps et cannibalisme ! Ce ne serait donc pas de la grande violence si l'on en juge des critères du CSA... La mission Kriegel réclame l'abolition de ce type de programme avant 22 h 30. Quant au CSA, il rappelle «qu'il tient compte et examine toutes les plaintes qu'il reçoit, que celles-ci émanent d'associations familiales ou de simples téléspectateurs».
S.P.
 : 
Pour contacter le CSA
CSA, tour Mirabeau
39-43 quai André Citroën
75739 Paris cedex 15
01.40.58.38.00
csa.fr

La nouvelle signalétique
Pas de signalétique : tous publics
-10 : programmes dont certaines scènes peuvent heurter les moins de 10 ans.
-12 : programmes pouvant troubler les moins de 12 ans, notamment lorsque le scénario recourt de façon répétée et systématique à la violence physique ou psychologique.
-16 : programmes à caractère érotique ou de grande violence, susceptibles de nuire à l'épanouissement physique, mental ou moral des moins de 16 ans.
-18 : programmes réservés à un public adulte et qui, en particulier par leur caractère obscène, sont susceptibles de nuire à l'épanouissement physique, mental ou moral des moins de 18 ans.

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