Le message est simple : il est toujours possible de se former après l'école. Quel que soit le statut et la situation, il n'est jamais trop tard pour acquérir compétences, diplômes ou niveaux. Avec la formation continue, tout est réalisable... Enfin presque, car les limites d'âge demeurent : passé 27 ans, par exemple, il n'est plus possible de passer le concours de la magistrature sauf pour les fonctionnaires, qui y ont accès jusqu'à 40 ans. Devenir sapeur-pompier professionnel n'est pas non plus ouvert à tous les âges. Ce genre de restriction mis à part, toutes les formations sont en théorie accessibles. Ainsi, tous les diplômes proposés par l'Université et même le niveau d'entrée nécessaire pour ceux qui n'ont pas le bac, peuvent être atteints par la formation continue ou professionnelle. L'ensemble des acteurs de la formation continue délivre la même définition de son rôle : permettre à chacun de se former tout au long de sa vie. Ce que traduit ainsi le Fonds de gestion du congé individuel de formation de Franche-Comté en présentant la fonction du CIF : « L'avenir professionnel ne s'arrête pas à la sortie du système scolaire et universitaire. Les aléas de la formation initiale, les contraintes financières, sociales ou personnelles, ne permettent pas de s'y exprimer pleinement. Ce retard à l'allumage n'obère pourtant pas définitivement l'avenir professionnel, et heureusement !... La vie n'est pas scellée à l'issue de ce premier apprentissage, même pour les plus démunis ».
C'est au début des années 70 que la formation continue a commencé à réellement se développer, même si le Cnam (Conservatoire national des arts et métiers) existe déjà depuis... 1794. On peut cependant fixer le vrai point de départ de la formation professionnelle à un accord entre les partenaires sociaux qui fut repris dans une loi de 1971 pour imposer aux entreprises de 10 salariés et plus de consacrer une partie de leur budget à la formation de ceux-ci - obligation étendue aux entreprises de moins de 10 salariés en 1991.
Une évolution en rapport avec celle de la société
Par la suite, le congé individuel de formation a été mis en place pour permettre aux salariés de suivre, à leur initiative, la formation de letir choix. Puis la formation continue a suivi l'évolution de la société : pour faire face au chômage, l'Etat a instauré différentes mesures en faveur des demandeurs d'emploi (contrat de retour à l'emploi, stage d'insertion et de formation à l'emploi...). Devant les problèmes d'insertion des jeunes, les contrats en alternance ont été créés (contrats de qualification, d'adaptation et d'orientation). Enfin la décentralisation a donné compétence aux Régions pour élaborer et financer un programme de formation à destination des jeunes de moins de 26 ans. Aujourd'hui la formation continue est financée à 50 % par les entreprises dans le cadre de la formation des salariés, à 40 % par l'Etat, qui prend en charge les fonctionnaires et les chômeurs, et à 10 % par les Régions, parmi lesquelles la Franche-Comté fut l'une des premières à s'engager d'emblée dans ce secteur.
Cette évolution explique que la formation continue regroupe aujourd'hui divers systèmes, répond à différents types de demandes et s'adresse à plusieurs publics. Pour résumer, elle concerne les actifs salariés ou à la recherche d'un emploi mais couvre des niveaux et des domaines très différents. Suivant les cas, elle donne l'occasion de se qualifier, de valider des compétences professionnelles, de se perfectionner, d'obtenir un diplôme, de s'adapter aux mutations économiques et techniques, d'accéder à de nouvelles responsabilités ou de changer de profession.
Un marché qui n'évite pas les abus
L'augmentation de la demande a fait de la formation continue un marché lucratif, atteignant 138 milliards de francs en France en 96. Selon Hubert Moreau, directeur du Centre d'information sur la formation professionnelle, « il y a eu une floraison d'organismes puis un écrémage et aujourd'hui le niveau de qualité est meilleur. Mais la formation continue est un marché libre et il y a des organismes où ne pas mettre les pieds. Le demandeur doit se comporter comme un consommateur, comparer, se renseigner ». Il faut par exemple savoir que les formations qui sont conventionnées par l'Etat ou la Région sont plus sûres et sérieuses. Avant de s'inscrire quelque part, il est conseillé de s'informer auprès d'organismes comme les Espaces jeunes ou l'ANPE, voire de questionner d'anciens stagiaires. Se renseigner sur les taux de réussite et les taux d'insertion, qui sont différents, sur la façon dont se déroule la formation et sur sa validation est toujours utile. Surtout, avoir un projet professionnel et passer par un bilan de compétences permettent de mieux adapter sa recherche à son profil. Dans l'ensemble, la formation professionnelle essaie cependant de coller à la réalité économique. Pour citer les organismes les plus connus, le Fongecif lorsqu'il instruit un dossier, I'AFPA ou le Greta lorsqu'ils lancent une formation, ont tous cette nécessité à l'esprit : offrir de réelles qualifications dans les secteurs les plus porteurs. Et la tendance est à une «moralisation» du marché. Témoin, le contrat d'études prospectives engagé en 1995 par la Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnel!e et la Commission paritaire nationale de l'emploi des organismes de formation qui appelle à une profesionnalisation accrue du travail de ces derniers. Ou encore la signature récente en Franche-Comté d'une charte qualité des organismes de formation intervenant dans le champ des contrats d'insertion en alternance.
Stéphane Paris
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