octobre 2005

"Ensemble limitons les risques", collectif pour que la fête ne soit pas gâchée

A Besançon, comme dans le Jura ou le nord Franche-Comté, des bénévoles organisent des stands de prévention lors de concerts, en particulier autour du Sida et des toxicomanies. Problème : un manque de volontaires.
Photo pixabay

  • commentercommenter
  • envoyerenvoyer
  • imprimerimprimer
  • caractèrePLUSMOINS
Sexe, drogues et rock'n'roll :en 2005, la réalité de cette trilogie s'accompagne de son pendant négatif, MST, toxicomanie et risques auditifs. On pourrait croire le public prévenu, il ne l'est pas tant que ça. Du moins d'après le collectif «Ensemble, limitons les risques» qui travaille à la sensibilisation autour des concerts depuis 2002.
«Sur le Sida, il y a un défaut d'information grandissant prend en exemple Damien Thabourey, l'un des responsables du collectif bisontin. C'est une erreur de penser qu'il suffit d'informer une génération pour que le message se perpétue. Les premiers à avoir connu le développement de Pépidémie et les campagnes de prévention ont quitté le lycée et la fac depuis 10 ans. Mais les générations se renouvellent et je suis surpris de voir à quel point celles qui suivent ne connaissent pas grandchose. En France, on est à 5000 contaminations par an, quasi exclusivement par relation sexuelle...»
Financé dans le cadre de Réseau 25 (1), ce collectif a pris exemple sur une initiative semblable née dans le Jura, oeuvrant notamment autour du Moulin de Brainans. Dans la région, une troisième structure («Cool'attitud››) est recensée dans le nord Franche-Comté mais elle est pour l'instant en veille, faute de bonnes volontés. Le besoin de bénévolat est également sensible du côté du collectif bisontin. «Nous sommes une quarantaine de personnes dont un noyau d'une dizaine. Nous intervenons au Cylindre, lors du festival l'Herbe en zik et de temps en temps sur une rave. Nous aimerions mener plus d'acticns mais nous ne sommes pas suffisamment nombreux››.
Même si I'essentiel des intervenants viennent du milieu sanitaire et social, travailler dans la santé n'est pas une obligation. Toute personne sensible à ces questions peut participer au collectif. Les bénévoles bénéficient de formations préalables.
«Dans le domaine des toxicomanies, la présence d'anciens consommateurs de produits apporte un éclairage intéressant indique Damien Thabourey. Le point commun des membres du collectif, c'est aimer faire la fête. Et quand on aime la fête, on a envie qu'elle se passe bien et qu'elle se poursuive pour d'autres».
Le collectif inteniient à la demande des organisateurs «car il est important que ces derniers soient partie prenante de la démarche».
«Attention, notre présence ne leur enlève aucune responsabilité» ajoute Damien Thabourey en référence à des demandes fréquentes. Telle celle de cette dame souhaitant la présence du collectif «pour que la soirée se passe bien». «Nous ne faisons pas d'intervention sanitaire et ce n'est pas parce que nous sommes là que le public ne va pas consommer››.
«La fête est la porte d'entrée à la consommation de produits psychoactifs. Au premier rang desquels I'al-cool, produit légal et culturellement recommandé. Et puis le cannabis, les drogues de synthèse, ecstasy, LSD, cocaïne. Cette dernière, par exemple, est de plus en plus consommée et accessible››.
Les membres du collectif s'interdisent tout jugement. Lors des concerts, ils accueillent le public en distribuant bouchons d'oreille et préservatifs. Leur stand se veut convivial, avec thé, café, gâteaux. Il est installé un peu à l'éoari pour informer, écouter, discuter jusqu'à la fin dela soirée. «C'est ou vert et libre, nous ne sommes pas des gâcheurs de  fête. Les gens viennent pour s'amuser et pour certains cela signifie consommer des produits. ll faut le respecter. Nous les écoutons et essayons de réfléchir avec eux sur la façon de limiter les risques, au cas par cas, en fonction de leurs habitudes, leur environnement».
Plus que sur le mode de comportement, c'est sur la façon de l'aborder que le collectif entend agir. «Je ne crois pas qu'il y ait tellement de prises de risque délibérées. Quand on donne aux toxicomanes un moyen de le réduire, ils s'en saisissent. Lors de l'an'ivée du Sida par exemple, on a insisté sur la nécessité d'utiliser des seringues propres et ils ont adopté cette habitude». A un autre niveau, et bien que les conséquences sur la santé soient de moindre gravité, «les bouchons d'oreille marchent très très bien››. Là aussi, quand ils sont infomés des risques, les usa- gers en tiennent compte.

Stéphane Paris


(1)
(1) Réseau 25 est une association Ioi 1901 regroupant des pro- fessionnels de la santé dans le domaine dela toxicomanie et du Sida. «Ensemble Iimitons les risques» bénéficíe également du soutien financier de l'Assurance maladie et de moyens matériels de la Mutualité du Doubs.

Contacts
«Ensemble, Iimitons les risques››
59 rue des Granges,
25000 Besançon
0381 61 9717.
«Ensemble, Iimitons les risques» du Jura
Passerelle 39
35 cours Sully
39000 Lons-le-Saunier.
CooI'attitud, le Relais,
12 avenue Foch
25200 Montbéliard.

Retour

Commentaires

Afin de poster un commentaire, identifiez-vous.

Se connecter S'inscrire

articles

express

Santé mentale et addictions


février 2025
GAE Conseil, spécialiste de la prévention des conduites addictives en milieu professionnel, alerte sur une situation préoccupante à partir d'une enquête Odoxa.Santé mentale et addictions, un enjeu majeur de santé publique : Celle-ci anonce que 62 % des Français concernés par un trouble en santé mentale et 46 % par une addiction. Parmi les dix troubles testés dans l’étude, l'anxiété, affecte 51 % de la population. La dépression concerne 33 % des personnes, le syndrome d’épuisement professionnel ou burn-out 26 %.Près d’un Français sur cinq (18 %) a déjà eu des idées suicidaires, 15 % ont souffert de stress post-traumatique et 14 % d'hyperactivité. Par ailleurs, les Français ayant été affectés par un trouble de santé mentale au cours des 5 dernières années sont beaucoup plus nombreux à se dire dépendants de certaines pratiques par rapport aux Français non touchés (60 % contre 31 %). Le classement des troubles addicts est similaire au classement des pratiques addictives les plus répandues : 25 % estiment être dépendants des réseaux sociaux, 19 % des plateformes de streaming, 10 % des jeux vidéo et 10 % de l’alcool.

Nutriscore


janvier 2025
Cette note de A à E évalue les qualités nutritionnelles d'un produit. Pour éviter une mauvaise note, certains fabricants ont décidé de ne pas la mentionner, ce qui est en soi déjà un indice. Dans ce cas, pour chercher l'info sur un produit, il est possible de s'appuyer sur l'appli gratuite émanant de l'association Que choisir "Quelproduit". Une application qui permet également de s'informer sur les produits cosmétiques et ménagers.

Drogues : en savoir +


décembre 2024
drogues.gouv.fr, le portail de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives  (décliné sur les réseaux sociaux) propose des contenus d’actualité et des ressources et des idées d’actions de prévention.
Citons également ofdt.fr, le site de l’Observatoire français des drogues et tendances addictives

Tabac, le grand combat


décembre 2024
France 3 et Kami productions ont produit le film de Caroline Philibert, Tabac, le grand combat, qui évoque entre autres l’initiative auxerroise Tab’agir, devenu réseau d’aide à l’arrêt du tabac de Bourgogne-Franche-Comté. Film diffusé ici.

Addiktion


décembre 2024
La série Addiktion est un podcast du psychiatre et professeur de médecine Laurent Karila qui propose tous les 15 jours un épisode basé sur un témoignage, avec France télévisions. La saison 4 s’intéresse particulièrement à la période de l’adolescence. Dernières émissions : « Yann : sa drogue, c’est le jeu », « Jessica : le sexe pour exister », « Cartman : cannabis, alcool, ecstasy, MDMA… tout pour fuir la mélancolie ». L'objectif est de comprendre « comment on devient accroc et comment on peut s’en sortir. Les addictions concernent toutes les familles, toutes les générations » rappellele professeur. Disponible sur Apple podcast, Spotify, Deezer, Youtube…
Voir tout