Le bon plan économique : pour sillonner le Japon, Jules et Gabrielle ont opté pour la moto. Une Suzuki GN125 de seconde main, achetée 600 euros et revendue 450, 6 mois et 12000 km plus tard. Entretemps : des découvertes, des anecdotes, des rencontres du côté méconnu du Japon, rural et dépeuplé. « C’est très différent du Japon des villes et de la technologie racontent-ils, même si on a aussi vu ça et fait les clichés type combat de sumo. Mais on a surtout rencontré une population vieillissante, des lieux à l’abandon et d’autres mystiques. Le contraste est plus important qu’en France. On a vu un Japon sauvage, des singes et des ours. Des temples, un village qui aurait été habité par des ninjas, des pêcheurs de perles, des fabricants de ratons laveurs en céramique. Une dame qui fabrique des poupées pour remplacer les habitants qui sont partis. Et des gens qui peuvent être « durs », pas faciles à aborder, avec une vision préconçue des Occidentaux. Il fallait s’adapter, mais tout s’est bien passé. Heureusement qu’aujourd’hui, on a les traducteurs en ligne pour communiquer ». Ils en ont tellement à raconter qu’ils pensent en faire un livre illustré de photos et dessins. « C’était esthétique, inspirant. On avait envie de tout prendre en photo ».
Culture de la route
C’était un périple non prémédité, organisé par les circonstances. Alors qu’elle était étudiante en sciences politiques et sociales, spécialité Japon, aux Pays-Bas, Gabrielle a participé à un échange universitaire avec Kyoto. De son côté, Jules venait de terminer un contrat de booking d’artistes. « Je me suis dit, pourquoi pas rejoindre Gabrielle au Japon ? Pour partir, j’ai vendu une 2 CV ». Le jeune homme de Villars-les-Blamont a un BTS en relation clients et un diplôme de l’Iesa, école internationale d’arts et culture. Son souhait est de travailler dans le monde de la musique. Batteur du groupe garage Miss Nessie, il a commencé par trouver 2 groupes avec qui jouer à Kyoto. « Mais à côté de ça, je voulais voyager ». Une curiosité qui a trouvé un écho chez Gabrielle. L’autre passion de Jules pour la mécanique, les autos, les motos a facilité l’idée et l’a rendue moins onéreuse que le train. « On avait un véhicule économe et l’essence n’est pas chère– comme le reste en général » précise Jules. « Moi, je n’avais jamais fait de moto raconte Gabrielle, mais Jules maîtrise et on n’a eu aucun accident, même sous la neige et c’était parfois assez sportif. A part le mal de dos lors de longs trajets, ça m’a plu. J’aime beaucoup la liberté que ça donne. De notre base, on partait où on voulait, parfois pour des allers-retours, parfois pour des sorties plus longues. Comme l’archipel est très vallonné, pour la moto c’est super. Et ce mode est idéal pour rencontrer les gens, aller dans des endroits méconnus. C’était un peu roots, avec ce bémol qu’au Japon, c’est quand même compliqué d’improviser. Les Japonais aiment prévoir donc, quand on voyage, il faut quand même s’organiser, notamment pour l’hébergement ». Jules ajoute sa satisfaction d’avoir découvert « une culture de la route qui n’existe plus ici, avec beaucoup de possibilités de haltes ».
Au cours de leur périple, ils ont traversé 5 des 8 grandes régions japonaises. « Je le referais 50 fois. J’en rêve encore » résume Gabrielle. Pour eux, l’aventure internationale se poursuit à Londres où ils se trouvent actuellement et où Gabrielle poursuit ses études en master de réalisation documentaire. Mais ils n’en ont pas fini avec le Japon. Outre leur livre, s’ils trouvent un moyen de l’éditer, ils aimeraient y retourner, dans l’idée de réaliser un documentaire.
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